titre un peu plus de

 qui va à la chasse...

 incitation au génocide

 histoire falsifiée

 résumons-nous

 démographie, germe de génocide

 Tintin au Rwanda

 le "Bwoko"

  •  autres pages consultables traîtant d'histoire coloniale et de la montée de l'ethnisme:

 MILLE COLLINES
 INDEPENDANCE

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 "QUI VA A LA CHASSE..... ?"
Simplifions l'Histoire, pratiquons le cliché : le Rwanda n'est le pays d'origine ni des Hutu, ni des Tutsi. Les uns seraient originaires d'Afrique de l'Ouest, bantuphones pratiquant l'agriculture, les autres, de tradition pastorale et nomade, viendraient de Nubie et seraient descendus vers le sud, poussant leurs troupeaux devant eux pour fuir la désertification du Sahara. Les deux groupes se seraient installés dans la région interlacustre (région des Grands Lacs) il y a environ 3500 ans. Seule une population clairsemée vivant de chasse et de cueillette, occupait alors la région, les "Khoisan" (Bushmen), qui peuvent être considérés comme les ancêtres des Twas, troisième groupe de population du Rwanda.

Le Rwanda est devenu un véritable état/nation sous l'impulsion de groupes Tutsi ou pré-Tutsi dont la dynastie émergente, les "Nyiginya" règnera du Xème ou XIIème siècle (selon les historiens), jusqu'à la fin du XIXème siècle. Dans un premier temps, ces "tombés du ciel" comme ils se faisaient appeler (ils seraient arrivés dans la région des grands lacs au Xème siècle, donc 20 siècles environ après les premiers pré-Hutu et pré-Tutsi), vont conquérir les royaumes Tutsi des "trouvés sur terre" (ceux qui vivaient déja là), dont ils vont unir les clans en les fédérant autour d'un principe monarchique. Ensuite, ayant cimenté un bloc racial tutsi, ils vont entreprendre la conquête des "territoires Hutu" à partir du XIVème-XVème siècle. Une pyramide d'état se mettra donc en place où les comptes ne se rendront qu'au sommet, au delà des clans (le Rwanda en compte déja 18 comprenant indifféremment des Hutu, des Tutsi et des Twas), au delà des territoires annexés et par le biais de représentants du pouvoir absolu mandatés en tous lieux de ce "pays en formation, le Rwanda".

De nombreux historiens pensent que les Nyiginyas ont dans leur propre intérêt, falsifié l'histoire, s'affirmant "tombés du ciel", d'origine divine, et se faisant l'écho d'une mythologie basée sur le principe de descendance patrilinéaire depuis "Gihanga",le pére de Gatwa, Gahutu et Gatutsi, les ancêtres des Twas, des Hutu et des Tutsi, Gihanga ayant choisi pour lui succéder, son fils le plus apte, Gatutsi, au terme d'une épreuve mettant en compétition les trois fils. Par la suite, les Tutsi privilégiés ne firent rien pour combattre cette idée reçue des "tombés du ciel" envahisseurs et conquérants, que l'histoire classique assimilera à tous les Tutsi, les privant ainsi de plus de 20 siècles d'histoire. Ce schéma réducteur servira aussi dans l'autre sens, aux inspirateurs du génocide de 1994 pour justifier l'injustifiable:

Discours de Léon Mugesera (photo), un des leaders du MRND, ancien parti unique avant le "multipartisme" de 1991 (discours historique du 22 novembre 1992 devant des militants de son parti, sous-préfecture de Kabaya):

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 "...Je disais dernièrement à un membre du PL (un Tutsi du nouveau parti libéral.ndlr), que la faute que nous avions faite en 1959 -c'est que j'étais enfant-, c'est que nous vous avons laissés sortir sains et saufs. Et puis je lui ai demandé s'il n'a pas entendu la récente histoire des Fallashas qui sont rentrés chez eux en Israël partant d'Ethiopie. Il me répondit qu'il n'en savait rien. Et moi de repartir:"Tu dois être sourd et illettré, moi je t'apprends que votre pays, c'est l'Ethiopie, et que nous allons vous expédier sous peu chez vous via le Nyabarongo en voyage express". Voilà. Je vous répète donc que nous devons vite nous mettre à l'ouvrage." ("les médias du génocide"sous la direction de JP Chrétien. Karthala. Reporters sans Frontières)

"Qu'on le veuille ou non, ce ne sont pas des Hutu qui ont fondé et maintenu le Rwanda, mais des Tutsi." ("Histoire du Rwanda". L'écriture de l'Histoire à travers le "prisme ethnique" semble captiver Bernard Lugan...)
Voilà donc 20 siècles d'histoire effacés par la volonté de la dynastie Nyiginya, sur lesquels ne reviendront ni les hauts lignages Tutsi au pouvoir jusqu'en 1959, ni les Hutu au pouvoir après 1959. Ces derniers chercheront toutefois à "noyer le poisson", prétendant que les "claneries hutu" conquises par les Nyiginya étaient en fait des "royaumes hutu", et martelant l'idée "faussement argumentée" selon laquelle le Rwanda n'existait pas avant la période coloniale...

Ainsi, Ferdinand Nahimana (photo), autre grand idéologue du génocide, qui écrira: "Le Rwanda, Emergence d'un état", livre dont l'édition fut financée par la Coopération française...

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 Le 21 novembre 1986, il a soutenu une thèse sur "les royaumes Hutu du Rwanda pré- colonial" qui lui vaut les félicitations du jury à l'Université Paris VI. Exploitant des recherches approfondies au nord-ouest du Rwanda, il prouve l'existence de nombreuses et puissantes royautés de lignage hutu, que le régime colonial a réprimées puis achevé d'anéantir en 1931. De retour au Rwanda, Ferdinand Nahimana sait se faire remarquer par le Président de la République qui l'invite à participer à la refondation idéologique du régime...et à rédiger ses discours. Pour prouver sa fidélité, Nahimana transforme subtilement sa thèse en un pamphlet au service de l'idéologie du "hutuisme" et de la dictature tribaliste. C'est ainsi qu'il publiera en 1993 aux éditions L'Harmattan, "Le Rwanda, émergence d'un Etat", livre dédié conjointement à la Copération française et à son "ami Jean Claude Habyarimana", fils du Président. ("les médias du génocide"sous la direction de JP Chrétien. Karthala. Reporters sans Frontières)

EN RESUME, quelles que fussent les manipulations historiennes d'une dynastie raciale Tutsi issue d'un des 18 clans recensés au Rwanda (d'autres chercheurs parlent de 27 clans), et qui régna sans partage durant plus de 5 siècles, force est de constater qu'à la fin du XIXème siècle, une grande partie du pays tel que nous le connaissons aujourd'hui, vivait sous la coupe réglée d'une monarchie absolue privilégiant les hauts lignages Tutsi, de "race supérieure" (pas plus de 10.000 personnes en 1959, soit environ 1% de la population tutsi), puis veillant à la protection de la vache et des "petits Tutsi" par le système pyramidal de l'"Ubuhake" tout en contrôlant dans ses zônes d'influence réelle, la "voracité de la houe" des paysans Hutu qui leur faisaient allégeance et bénéficiaient de leur protection. Des lois régulaient l'expansion trop rapide des terres cultivables qui portaient préjudice aux étendues de pâturage, d'autres régulaient les défrichages ou terres cultivables nouvellement créées. A cela, une raison évidente, une sorte de "raison d'Etat"...la croissance démographique. Les sociétés pastorales africaines ont de tous temps, appris à contrôler les naissances pour survivre et s'aligner sur le "croît" des troupeaux. Ainsi, les pasteurs étaient toujours minoritaires par rapport aux agriculteurs...

Equation de l'agriculteur: plus il a faim, plus il a besoin de terre, et plus il a besoin de bras pour cultiver, et plus il a de bouches à nourrir, et plus il a besoin de terres...etc...La monarchie semblait juguler cette exponentialité par les lois limitatives d'Ibikingi et d'Ubukonde citées plus haut, cela jusqu'à l'arrivée des pères blancs, des colons et des coopérants pour qui le contrôle des naissances passait pour inutile, et "pas très catholique" et lesdites lois, initiées simplement pour les privilèges renforcés des élites Tutsi. Cette croissance démographique unique au monde durant leurs mandats respectifs, porte sans doûte en elle un des germes du génocide de 1994.

 Année

 population du Rwanda

 1914  un peu moins de 1 million.
 1950  2 millions d'habitants.
 1970  3,7 millions d'habitants.
 1978  4,4 millions d'habitants.
 1991  7,3 millions d'habitants.
 1994  7,9 millions d'habitants.
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Il serait trop fastidieux de disséquer ici, les responsabilités belges dans la dégradation des cadres identitaires, le chamboulement des règles sociales, la destruction des croyances et des pactes sacrés, la montée de l'ethnisme...etc. Des livres très instructifs existent à ces sujets, cités régulièrement ici. Pour fixer le propos, citons quelques exemples:

 Années 30 Les Belges vantent la "supériorité génétique" des Tutsi à la suite de travaux basés sur les indices anthropométriques, puis de recherches sur les gènes et les groupes sanguins. Ressemblant aux européens, de "race supérieure", ils sont faits pour diriger. Les Belges se reposent sur eux pour administrer. Déjà à l'époque, ils considèrent que les Tutsi sont des "Ethiopoïdes" arrivés au Rwanda après les Hutu, peuple débonnaire et sans malice...
Après 1945  Création de la "carte d'immatriculation" pour une frange de la population reconnue par les Belges comme "évolués-évoluants". Sur cette carte figure l'ethnie hutu, tutsi ou twa.

 1958-1959

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 Les Belges commencent à trouver que les Tutsi sont un peuple "arrogant" et leurs velléités d'indépendance nationale et d'enseignement laïque ne conviennent plus du tout aux colons qui découvrent soudain un "menu peuple" hutu opprimé par des "féodaux" Tutsi. Dès lors, les Belges vont cautionner la lutte du "peuple majoritaire" hutu et financer son ethnisme avec l'aide de l'Eglise Catholique. Les premiers massacres de Tutsi n'allaient plus tarder...

Nous ne pouvons clore ce condensé de l'histoire du Rwanda sans citer les études et théories de Dominique Franche, géographe et universitaire spécialiste du Rwanda...

 Le "Bwoko"  C'est un mot kinyarwanda qui recouvre pour les hommes et les choses, des notions variées. "Quand on demandait à un homme quel était son bwoko, il pouvait répondre, selon le contexte, par "muhutu"(Hutu), "mugoyi"(habitant de la région du Bugoyi), "musinga"(membre du clan des Basinga), ou donner sa profession. Il n'existe pas de mot kinyarwanda équivalent d'"ethnie" par exemple.....Appliqué aux hommes, le bwoko était l'identité sociale, dont le fait d'être Hutu, Tutsi ou Twa n'était pas fondamental..." ("Rwanda, Généalogie d'un génocide" déjà cité)

 L'opposition Nord-Sud

 Le Rwanda n'est pas un pays homogène aujourd'hui, pas plus qu'il ne l'était en 1900. Il y existait déjà une opposition Nord-Sud dans laquelle s'affrontaient d'un côté, les Tutsi reconnaissant le Mwami (roi), servis par des Hutu et desTwas, et de l'autre, "les Hutu, Tutsi et Twas de l'est, de l'ouest et surtout du nord du Rwanda, qui refusaient d'admettre l'autorité du Mwami et de ses chefs Tutsi...". Ce n'est qu'au prix de cruelles expéditions ou razzias, que ces derniers conservaient une emprise relative sur le "royaume". Nous sommes donc loin de ce que nous appellerions en Europe, une monarchie absolue. Alors, existe-t-il une nation rwandaise en 1900 ? "...L'unité culturelle rwandaise aurait ainsi, en partie préexisté à, en partie accompagné l'expansion des "Banyanduga" (ceux du sud, ralliés au Mwami). De cette unité, on déduit souvent que le Rwanda était une "nation" en 1900. Les paragraphes précédents (...) ont prouvé qu'est inapplicable ici le sens, courant depuis la Révolution, d'un peuple ayant conscience de son unité et voulant vivre ensemble. Ces mêmes paragraphes disqualifient aussi l'hypothétique nation rwandaise en tant que communauté politique définie objectivement par son unité territoriale et un souverain unique. La relative cohésion culturelle et linguistique ne prouve qu'une chose: il existait une ethnie rwandaise, avec une importante différence entre "gens du nord", ou "Bakiga", et "gens du sud", ou "Banyanduga"."

 Question

 "Hutu, Tutsi et Twas n'étaient pas autrefois, et ne sont pas aujourd'hui, des tribus non plus que des ethnies. Mais la guerre civile au Rwanda et au Burundi a débouché sur le génocide rwandais de 1994, c'est à dire sur l'élimination programmée d'une population désignée comme une race ou une ethnie par le pouvoir en place. Comment en est-on passé d'une catégorisation identitaire mouvante qui ne paraît pas avoir posé problème au début du siècle, à une entreprise d'extermination raciste ?" (divers extraits de "Rwanda, généalogie d'un génocide")

Pour le non spécialiste, tous ces historiens ou reconnus comme tels, défendent "bec et ongles" des nuances qui peuvent nous échapper. Quand le chef des troupeaux méne la danse de l'ubuhake, la majorité se plie à la règle. Quand c'est le défricheur montagnard, c'est l'ubukonde et la majorité respecte cet autre système de clientèle, sans distinction entre petits Hutu (puisqu'il y en avait aussi des riches), petits Tutsi (de clans non assimilés aux Nyiginya) et Twas. Mais tous ces historiens, hormis Ferdinand Nahimana cité plus haut et converti à la propagande hutuiste, se posent la même question, reprise ci-dessus par Dominique Franche. Comment...?

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