Un article du Monde après les massacres de 1964
 justice, mémoire, éducation, avenir 
carte par communes des victimes du génocide
des nouvelles de Léon Mugesera 
 reportage Radio Canada (document VLC)
 le discours intégral de Kabaya
1994 - 2012 Mugesera passe entre toutes les procédures d'expulsion et d'extradition...
...et finalement, finalement, il lui fallut bien des amis pour échapper si longtemps à la justice de son pays
mars 2000, démissions, disparitions, révélations... 
Attentat du 6 avril : le rapport de l'ONU qui accuse Kagame 
le Rwanda, faux sujet du BEPC 1998 à Rouen... 
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Un militant de l'association SURVIE m'envoie cet article du journal le Monde datant de début 1964, article oublié qui, 30 ans avant, dénonce la politique génocidaire de la 1ère République, dont les méthodes et le sens de la planification des massacres semblent avoir plus qu'inspiré les initiateurs du génocide de 1994...

 
 Année 1964....
 

 "Nous recevons, en complément des informations que nous avons déjà publiées sur les massacres de la population Tutsi au Rwanda (voir " le Monde" du 17 janvier 1964), une longue lettre de Mr Vuillemin, détaché par l'Unesco comme enseignant à Butare. Témoin des innombrables scènes de violence qui ont ensanglanté l'ancien protectorat belge, Mr Vuillemin a été amené à donner sa démission, ainsi qu'un autre expert des Nations Unies, car, écrit-il, "il ne m'est plus possible de rester au service d'un gouvernement responsable ou complice d'un génocide. Je ne peux partager l'indifférence et la passivité de la grande majorité des Européens d'ici, des agents de l'assistance technique bilatérale ou multilatérale. Je la considère comme une complicité objective. Comment pourrais-je enseigner dans le cadre d'une aide Unesco dans une école dont les élèves ont été assassinés pour l'unique raison qu'ils étaient Tutsi ? comment pourrais-je enseigner à des élèves qu'on assassinera peut-être dans quelques mois ou dans quelques années ?"

Voici les principaux extraits de la lettre que nous a adressée Mr Vuillemin :

Très peuplé (sa densité est d'environ cent habitants au kilomètre carré), le Rwanda ne compte pas de villages. Les dix préfectures sont des centres administratifs et commerciaux habités par des fonctionnaires rwandais et des commerçants arabes. Seules Kigali et Butare groupent une population qui atteint presque quinze mille habitants.
La plupart des Européens, pour lesquels l'infériorité des Noirs est évidente, ne se soucient des affaires publiques que dans la mesure où elles les concernent directement. Lorsqu'ils apprennent les persécutions dont sont victimes les Tutsi, ils y voient la preuve de la "sauvagerie nègre", cherchent des justifications à leur indifférence, soucieux avant tout de ne pas "s'attirer d'ennuis" de la part d'un gouvernement ombrageux, tant ils savent qu'ils occupent, dans ce pays au climat si agréable, une position dont ils ne sauraient espérer l'équivalent en Europe.
Les missions, très nombreuses, sont dans une situation fausse : heurtés dans leurs sentiments chrétiens, la presque totalité des missionnaires se préoccupent surtout de sauvegarder les positions de l'Eglise, dont l'influence politique est énorme. Des liens très étroits unissent l'Archevêque Perraudin au Président de la République, Mr Kayibanda, qui est aussi le chef du Parmehutu, parti quasi unique.
Il n'y a pas d'autre presse que les bulletins mensuels publiés par le Gouvernement et par l'Archevêché ; la radio est gouvernementale et jamais elle ne s'est fait l'écho des évènement intérieurs de décembre et janvier dernier. Aucun journal étranger n'a de correspondant régulier, ce qui explique pourquoi le Rwanda vit pratiquement hors du monde.

Fèodalité et révolution sociale

C'est au quinzième siècle que les Tutsi, probablement venus d'Ethiopie, pénétrèrent au Rwanda et y instaurèrent des structures féodales, différentes cependant de notre féodalisme médiéval. Les seigneurs Tutsi n'étaient que relativement riches, et si quelque Hutu était devenu corvéable en échange d'une vache, objet de prestige plus que de richesse, il faisait partie d'une minorité au sein des Hutu eux-mêmes, comme son "seigneur" Tutsi faisait partie d'une minorité au sein des Tutsi.
Dans les années 1950, la majorité de la population était composée de petits propriétaires Hutu aussi bien que Tutsi. La Belgique cependant, n'a pas cherché à porter atteinte à ces structures, jusqu'à ce que les élites Tutsi s'affirment nationalistes (... ).
...le gouvernement rwandais se montre philo-occidental et bigot - d'une bigoterie qui irrite même certains pères -. Faute d'idées sur le développement (la mise à l'écart des élites Tutsi ne pouvait qu'agraver cette carence), la haine raciale lui tient lieu de programme. La présence de réfugiés aux frontières lui permet d'autre part d'agiter la menace d'un danger extérieur et de réprimer toute critique à l'intérieur. S'il est vrai que de petits groupes Tutsi de l'extérieur ont tenté des incursions, ces tentatives ont toujours été facilement repoussées ; elles fournissent toutefois l'occasion d'accroître la discrimination raciale : les cartes d'identité mentionnent le groupe ethnique, les bourses d'études en Europe sont réservées aux Hutu, l'accès à l'enseignement secondaire est régi par des contingents calculés selon des critères raciaux.

La tuerie systématique

Au cours des évènements de septembre, motivés officiellement par l'incursion d'un petit groupe Tutsi en provenance du Burundi et qui n'eut aucune suite, on procéda dans tous les centres, à l'arrestation systématique de tous les Tutsi évolués ; on les entassait dans des prisons où ils étaient frappés, pressés, laissés sans nourriture. A Ciangugu, on chargeait 80 Tutsi sur des camions et on les fusillait dans la forêt de Congo-Will après les avoir poussés dans un ravin.
Si ces faits représentent une élimination de suspects (tout Tutsi évolué étant suspect) au mépris des garanties judiciaires les plus élémentaires, la répression exercée dans la préfecture de Gikongoro constitue, elle, un véritable génocide. Excitées par le préfet, les bourgmestres et les commissaires du Parmehutu, des bandes de tueurs exterminèrent systématiquement, du 24 au 28 décembre, les Tutsi. Dans la plupart des cas les femmes et les enfants ont été également assommés à coups de massue ou percés de lances. Les victimes sont le plus souvent jetées dans la rivière après avoir été deshabillées.
Le nombre total de morts est difficile à évaluer ; on peut cependant tenir pour certain celui de 8000, et pour probable celui de 14000 dans la seule préfecture de Gikongoro. Le fait qu'une extermination systématique n'a été appliquée que dans cette préfecture prouve que ces massacres ont été organisés ; il y a lieu de craindre qu'il en soit de même pour d'autres préfectures, et qu'un plan de "nettoyage" soit établi. Le gouvernement aurait-il sans cela décliné l'offre des Nations Unies d'envoyer des observateurs (...) ?
De toute évidence, ces évènements ne sont pas un accident ; ils sont la manifestation d'une haine raciale soigneusement entretenue. Une réconciliation raciale aurait en effet obligé le gouvernement de Mr Kayibanda, qui est l'objet d'un véritable culte de la personnalité, à un partage du pouvoir avec des élites qui sont maintenant assassinées.
 

Mars 1999: Emmanuel Nkunzumwami (auteur de "La tragédie Rwandaise". Editions "L'Harmattan". 1996), souvent cité dans ces pages, m'a fait parvenir un article à paraître dans la presse à Kigali dans les jours à venir.

"Depuis plusieurs années, je corresponds avec l'Hebdomadaire national francophone rwandais, la Nouvelle Relève où j'écris quelques articles épisodiquement... Il est le plus lu des publications rwandaises. Voici un dernier papier que j'ai préparé pour cet hebdomadaire ; vous pourriez m'en faire des remarques ou l'introduire dans vos pages Web."

 

 " Paris, le 26 février 1999

LA GEOGRAPHIE DU GENOCIDE AU RWANDA ET LA JUSTICE EQUITABLE :

UNE CLARIFICATION NECESSAIRE PAR LES FAITS.

 

La décennie 1990-2000 marque une violente, importante et irréversible rupture politique et sociale au Rwanda, tant la densité et la férocité de la cruauté "sauvage" n'avaient jamais atteint un si haut degré de l'inimaginable dans l'histoire de son peuple. L'on a beaucoup écrit, disserté, glosé, organisé conférences-débats sur fonds de raisonnement souvent passionnés ou sereinement universitaires sur la tragédie du Rwanda. Aujourd'hui, les puissances occidentales commencent à oublier ce pauvre pays dont les malheurs sont jour après jour occultés par d'autres drames en Afrique et ailleurs (la guerre au Congo, le conflit Ethiopie-Erythrée, Mitch en Amérique Centrale, les accidents de montagne en Autriche et en France, etc.) comme par une campagne des élections au parlement européen. Aux rwandais et aux rwandais seuls -comme ils l'ont été lorsqu'ils ont été lâchement abandonnés par les grands donneurs de leçons de ce monde en 1994- il revient de tenter de comprendre les relents de la terrible violence, poursuivre une justice équitable à la hauteur de la cruauté de leurs malheurs, préparer une vraie prévention aux conflits et recréer les conditions de paix définitive et durable dans le pays.

Pour atteindre cet objectif, trois actions d'envergure demeurent incontournables : mieux comprendre les sources de la tragédie, exercer une justice équitable pour la mémoire de nos victimes et prévenir contre les retours des vautours du génocide qui commencent à s'organiser autour du négationnisme (comme d'autres nazis l'ont fait et le font encore !) et de la théorie du double génocide (pour justifier les attaques régulières contre le Rwanda). Cependant, dans le pays même, il nous faudra faire le vide sur les rancoeurs, les élans de jalousie et de vengeances aveugles, éviter de céder à la facilité de la socio-ethnisation du crime et des violences, rechercher les voies de la raison et de l'écoute pour discerner et séparer le grain de l'ivraie. Nous ne saurons sans doute jamais exactement le nombre de victimes du génocide de 1994 ; mais est-ce cela qui importe avant tout ? Le seul fait de condamner à mort et exécuter son prochain, son voisin ou un passant anonyme par toutes les voies de l'affreuse barbarie (grenade, machette, massue, hache) en "raison de ce qu'il est" ou "de ce qu'il croit" ou "parce qu'il milite ailleurs que dans le camp des profiteurs et dignitaires de la dictature qui l'oppriment" nous a laissé une perte de plus de 1,5 millions de vies humaines en l'espace de quelques mois. Les auteurs et leurs bras d'exécutants se promènent impunément en Afrique, en France, en Belgique, en Suisse, au Canada, etc. Nous devrions tous adresser aux gouvernements concernés des demandes insistantes pour qu'ils cessent d'apporter un quelconque concours à ces criminels, à les refouler vers le Rwanda pour y être jugés. Et cela est possible si nous agissons tous ensemble !

1°) Mieux comprendre les sources et les lignes d'expansion de la tragédie pour exercer une justice équitable est une des clés de la reconstruction nationale. Les données disponibles ne sont encore qu'approximatives mais révélatrices des lignes géographiques de l'ampleur du mal. Huit communes sur les dix-huit que compte Butare ont perdu chacune plus de 20.000 âmes dont plus de 80.000 dans la seule commune de Maraba et plus de 40.000 à Runyinya. Ces huit communes totalisent plus de 261.480 des 383.000 personnes massacrées (68%) à Butare. Cela est manifestement une oeuvre conjuguée des commandos dépêchés de Kigali, des extrémistes "intellectuels" des grands milieux locaux, nostalgiques du parmehutu dissous en 1973, et de l'action du "gouvernement intérimaire" animé par Théodore Sindikubwabo et Jean Kambanda dans leur appel à "finir le travail" lancé dans leur fief naturel de Butare. Le résultat, c'est 30% de toutes les victimes du génocide au Rwanda. Quatre préfectures demeureront longtemps dans nos mémoires : Butare, Kibuye (plus de 265.000 personnes tuées), Kibungo (plus de 182.000 victimes) et Gikongoro (plus de 131.000), soit plus de 70% de l'ensemble des victimes du Rwanda. Mais ce n'est pas un hasard : il s'agit de deux préfectures de l'extrême sud (Butare et Gikongoro) et deux préfectures les plus faibles, placées hors de l'axe des rivalités Nord-Sud à l'ouest (Kibuye) et à l'est (Kibungo). Ce n'est pas un hasard non plus si trois communes (Nyamagabe, Kibeho et Karambo) ont perdu plus de 63% de l'ensemble des victimes de Gikongoro. Enfin, ce n'est pas un hasard non plus si le Nord de Byumba, Ruhengeri et Gisenyi (la région nord du Rwanda) sont épargnés de la férocité des tueries puisqu'ils constituent le fief du MRND-CDR-MDR POWER. Il convient de rappeler que, déjà entre 1965 et 1967, une scission s'était produite entre le MDR Parmehutu du Nord (Ruhengeri-Gisenyi) et celui du sud sur des questions fondamentales dont le traitement du retour des exilés batutsi.

Dans la préfecture de Kibungo, la situation est très claire : plus de 65% des tuées sont localisées dans les trois communes traditionnellement reconnues comme accueillant une forte proportion de batutsi dans leurs populations. Le pourtour du lac Muhazi (Muhazi, Rukara et Murambi) est pris en tenaille par de minables extrémistes locaux aidés par des troupes de tueurs venant de Kigali et du Byumba septentrional. Ce mécanisme s'est développé dès les premières heures du génocide sur les communes à faible portée de Kigali et connues du MRND-CDR (sur la base des recensements antérieurs) comme des régions naturelles à fortes proportions tutsi : Kanzenze, Gikoro, Rubungo, Sake, Muhazi répondent à ces critères et perdent à elles seules plus de 163.000 vies humaines. Les jeunes recrutés dans la masse des jeunes désoeuvrés et encadrés par des extrémistes hutu très politisés de l'armée opèrent en se déplaçant vers les communes proches de la capitale (jusqu'au Centres paroissiaux et scolaires de Zaza, de Rwamagana et de Gahini) et se retirent vers Kigali après leurs forfaits.

A Rusumo, dans le Migongo du Gisaka, l'oeuvre des intégristes anti-tutsi arrivés depuis le début des années 70 s'était distinguée par l'assassinat du Bourgmestre Pie Mutunzi, découpé à la machette dans son bureau communal, en pleine journée, par deux hommes récemment arrivés de Ruhengeri. Ils ont prétendu avoir un rendez-vous avec lui et les policiers communaux n'ont même pas eu le réflexe de fouiller leur sac de sisal, tellement ce type de meurtre était totalement inconnu à Rusumo auparavant. L'affaire n'a jamais été jugée. Au cours des années 90, ces encombrants habitants des paysannats et leurs corégionnaires éparpillés dans la commune se sont livrés aux massacres des habitants natifs du Gisaka au seul motif qu'ils étaient batutsi, pourtant bien chez eux sur les terres de leurs ancêtres, ou qu'ils avaient des batutsi parmi les membres de leurs familles. Les quelques "mal-instruits" locaux, du niveau primaire et post-primaire, ont pris peur et, se sentant menacés de mort par les envahisseurs se vantant partout d'avoir des piliers solides du Nord dans les hautes sphères du pouvoir politique du MRND et de l'armée, se sont pliés aux diktats de leurs maîtres-tueurs. A ces deux groupes se sont joints quelques militaires "échappés" des casernes de Kigali et de Kibungo. Les "donneurs d'ordres" des tueries sont donc majoritairement étrangers au Gisaka-Buganza, les tueurs sont les "quelques voyous locaux et des bandits de grands chemin" auxquels se sont joints des exécutants tels que les bourgmestres, quelques encadrants des cellules du MRND et du MDR Power, souvent par ignorance, par peur et par soumission pour se rendre acceptables par des extrémistes de l'ancien régime génocidaire. Une statistique géographique du génocide provisoire établit les faits ci-après :

 

 Préfecture  Population totale estimée en 1994 Nombre total de victimes estimé  en 1994 Ampleur des massacres par rapport à la popula- tion de la préfecture 
 Ruhengeri 849.403  43.143  5,1% 
 Gisenyi 814.572  12.120  1,5% 
 Byumba 868.514  7.380 0,9% 
 Kigali-Rural 782.400  94.729  12,1%
 Kibungo 726.618  182.290  25,1%
 Gikongoro 515.094  131.330  25,5%
 Butare  850.208  382.757  45,0%
 Kibuye  521.926  265.000  50,8%

 

2°) Comment exercer une justice équitable qui soulage la douleur des familles et qui honore la mémoire des victimes et sans socio-ethniser le crime ? Il me semble que l'on ne peut juger les criminels sans tenir compte des données de la géographie du génocide, des facteurs environnementaux, socio-politiques et historiques du Rwanda. La géographie du génocide révèle les foyers d'incendie mais ne donne pas les pyromanes que nous sommes tous appelés à rechercher et à faire comparaître devant la Justice. Nous sommes tous conscients -du moins par la raison- que tous les prisonniers au Rwanda ne répondent pas aux critères du génocide et des crimes contre l'humanité. Il est également clair que les "bandes de génocidaires" à Kibungo et au Bugesera sont à rechercher principalement hors de ces régions naturelles ; de nombreux prévenus criminels originaires de ces régions ne sont que des amplificateurs des discours entendus ailleurs. Etre un petit enseignant, infirmier, petit commerçant, petit artisan ne fait pas de l'individu un criminel comme c'est le cas d'une partie d'entre eux. Une bonne justice répare les fissures de la société, une mauvaise aggrave les rancoeurs et serait un moyen d'entretenir les conflits permanents que nous léguerions à nos enfants et petits-enfants. De plus, entretenir une majorité de personnes en prison dont les dossiers manquent d'actes d'accusation est anti-économique et anti-social. La loi organique sur le génocide et les crimes contre l'humanité existe depuis plus de trois ans ; appliquons-la dans l'objectif de la reconstruction nationale vraie.

Après le rendu de jugement, l'Etat assume son devroir sacré de la sécurité publique et de la cohésion sociale de la Nation. La Justice équitable et indépendante en est le ciment et l'éducation du peuple en est le facilitateur. Nous abordons ici les travers de la 2ème République qui accordait tous les droits à des ressortissants de quelques communes des 2 préfectures du Nord ; l'enseignement du second degré et du supérieur leur était réservé par priorité. Cela a conduit au noyautage de tout l'appareil politico-économique du pays jusqu'au terrible génocide pour conserver tous les privilèges. Pendant ce temps, la population de Kibungo présentait un déficit chronique d'éducation. Moins de 10% franchissaient les portes du second degré alors que plus de 70% passaient automatiquement de la 8ème année à l'école secondaire dans le Nord. Il en a résulté la domination d'une partie des rwandais dans les domaines politique, économique, militaire et sa conséquence sur l'éducation et la manipulation arrogante par la terreur sur les oubliés de l'Histoire de Kibungo et Kibuye. Et puis le lugubre est advenu avec l'ampleur qui se lit dans le tableau précédent. Il n'est pas autrement possible -par la raison- que des personnes qui vivaient et partageaient tout au cours des siècles passés deviennent brutalement ennemis et se massacrent cruellement en l'espace de trois mois !

3°) La prévention du crime contre l'humanité passe par l'Education de la Jeunesse et la Formation de toute la population rwandaise à la tolérance, à l'ouverture au monde extérieur, aux principes démocratiques et aux droits inaliénables de l'Homme, et à l'Information permanente pour éveiller le peuple aux réalités quotidiennes. Il est affligeant d'entendre encore aujourd'hui, parmi les prétendus demandeurs d'asile très jeunes, réciter les critères morphologiques des colonisateurs belgo-catholiques et des qualités morales de distinction entre les bahutu et les batutsi, et expliquer qu'ils l'ont bien appris à l'école de la République. Ce sont les mêmes qui ont transité dans des camps d'entraînement dans l'ex-Zaïre après le génocide et qui prétendent avoir été chassés du Rwanda. Il faut informer les Rwandais sur les réalités de leurs malheurs pour qu'ils puissent eux-mêmes se débarrasser des criminels. Ce sera par ce moyen que nous pourrons déjouer les collaborations internes et externes avec les nostalgiques du génocide qui tentent de provoquer de nouveaux conflits à travers leurs zones sûres de Gisenyi et Ruhengeri avec des bases arrières dans le Nord-Est de la République Démocratique du Congo. A ce sujet, le Rwanda a besoin d'un périmètre de sécurité d'au-moins 100 km autour de ses frontières de l'ouest, d'une diplomatie active et vigilante en Afrique Centrale, Orientale et Australe, et d'un processus de neutralisation de tous les extrémistes qui s'opposent à la reconstruction politique, économique, sociale, culturelle et militaire du Nouveau Rwanda.

Emmanuel Nkunzumwami, Auteur de " La Tragédie Rwandaise - Historique et Perspectives " Ed. L'Harmattan, Paris 1996.

Pour compléter les chiffres cités dans l'article, cet autre article rwandais de Kapiteni Antoine du périodique "Rwanda- Libération" que le site Rwandanet m'a fait parvenir et qui corrobore le nombre des victimes du génocide énuméré par Emmanuel Nkunzumwami :

 Rwanda Libération N°33 . Avril-Mai 1998

Document : le génocide des Tutsi au Rwanda, l'horreur en chiffres !

par KAPITENI Antoine

Quatre ans après l'horrible génocide des Tutsi au Rwanda, le nombre exact des victimes n'est pas encore exactement connu et ne le sera peut-être jamais car il y a des documents et des témoins qui ont disparu. Mais d'ores et déjà, il est confirmé que le nombre de victimes dépasse le million Depuis la fin de la guerre, un effort de recensement a été fait par le Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Culture. Il a été constitué, au niveau de ce ministère, une commission qui a fait les premières investigations dont le résultat n'est pas encore officiellement publié. Nous nous sommes inspirés du "rapport préliminaire d'identification des sites du génocide et des massacres d'avril-juillet 1994 au Rwanda" paru en février 1996. Le travail accompli est hautement appréciable. Il fait ressortir cependant quelques lacunes :

* Le nombre de victimes des communes riveraines de grandes rivières (Nyabarongo, Mukungwa, Mwogo) et des lacs (Kivu, Muhazi,etc.) jétées dedans n'est pas connu.

* Il y a des fosses qui n'ont pas été ouvertes et dont le nombre de victimes n'est pas non plus connu et n'est donc pas repris dans le rapport. Ce recensement est une contribution importante pour connaître l'ampleur de l'horreur qui nous est arrivée. Le rapport donne les noms des responsables des massacres, des témoins et des personnes qui ont eu le courage de sauver des vies humaines au risque de leur propre vie. Ce travail a été fait jusqu'au niveau de la cellule. Nous vous donnons les chiffres par commune et par préfecture. Pour la préfecture de Kibuye, nous n'avons malheureusement pas pu disposer du nombre de victimes par commune. Une commission vient d'être créée pour faire un recensement de toutes les victimes du génocide.

 

18 décembre 2001 : Le gouvernement rwandais publie les résultats d'un recensement sur le génocide de 1994 :

 

DES NOUVELLES DE LEON MUGESERA

Léon Mugesera jouit d'une sombre notoriété : il est considéré avec Ferdinand Nahimana, comme l'idéologue du génocide rwandais. Le 22 novembre 1992 , lors d'un meeting du MRND à Kabaya, préfecture Ruhengeri (nord-ouest du pays), fief du président Habyarimana, il a prononcé le discours fondateur d'une certaine idée du bon droit et de la légitime défense qui mènera à peine un an plus tard à l'extermination de plus d'un million de Tutsi et autres "milieux ennemis" tels que "les Hutu mécontents, les étrangers mariés aux femmes Tutsi, les peuplades nilo-hamitiques de la région et les criminels en fuite..." (références aux critères "d'identification des milieux ennemis" définis par une commission de l'Etat-major constituée en décembre 1991 à la demande du président. Ministère de la Défense nationale, Etat-major, G2, Kigali, 21/9/92, 14f / mention "secret").
 "En février 1991 (déjà,note perso), Léon Mugesera avait été le maître d'oeuvre d'un dépliant officiel intitulé "Toute la vérité sur la guerre d'octobre 1990 au Rwanda" , où on pouvait lire (p.5) que le but de la rebellion était "l'extermination de la majorité hutu" , et la création d'un "vaste royaume hima-tutsi, ethnie qui se considère supérieure, à l'instar de la race aryenne et qui a pour symbole la croix gammée de Hitler" (sic).
("Les médias du génocide" déjà cité)

QUE FAIT LE TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL ?

Ce que nous ont révélé la presse internationale et les spécialistes du drame rwandais sur ce personnage d'envergure tient en une phrase : Léon Mugesera a été expulsé du Canada en juillet 1996.

En réalité, Mugesera arrive mi-1994 au Canada et très vite, enseigne au département linguistique de l'université Laval de Québec tout en sollicitant le statut de réfugié. Arrêté le 26 janvier 1995 par les agents de l'immigration canadienne et après qu'une commission internationale d'enquête eût conclut à la culpabilité d'incitation au génocide et de crime contre l'humanité, l'arbitre Pierre Turmel de la Commission d'immigration et du statut de réfugié, ordonne le 11 juillet 1996, l'expulsion du Canada de Léon Mugesera, de sa femme et de ses cinq enfants.

Qu'à cela ne tienne : Mugesera va en appel et se paie les services de Me Guy Bertrand, avocat très réputé au Canada et anti-souverainiste notoire au Québec. Fin 1998, l'appel est rejeté par la Cour de la Commission de l'Immigration malgré l'expertise faite à la demande de Guy Bertrand, du discours de Kabaya par Marc Angenot, expert en linguistique ignorant du Kinyarwanda et de la symbolique rwandaise, qui concluera que ce discours dans sa traduction "Kamanzi", n'incite en aucune manière au génocide. Pour ses conclusions, Angenot s'entourera de conseils d'un linguiste hors pair, Léon Mugesera qu'il ne manquera pas de consulter régulièrement.

En mars 1999, Mugesera est toujours au Canada et ne l'a pas quitté depuis fin 1994. Il a fait appel du jugement devant la Cour Fédérale qui n'aurait à ce jour pas donné son accord pour entendre la cause. A suivre...

11 et 12 janvier 2000 : nième phase du procès. Pendant deux jours Me Bertrand s'évertuera à montrer l'innocence de son client "incapable d'égorger un poulet"!... Il réfutera aussi la traduction du discours de Kabaya, travail d'incompétent selon l'avocat qui pour sa part et anecdotiquement, ne connait pas un traître mot de Kinyarwanda.

le 28 mars 2000, l'affaire vient en dernier recours devant la Cour Fédérale d'Ottawa. La communauté rwandaise d'Amérique du Nord organisera pour l'occasion avec l'aide de jeunes de Toronto et de leur député, une manifestation en mémoire du génocide devant le parlement fédéral, manifestation qui sera couverte par la presse canadienne et Radio Canada. L'ouverture du procès est annoncée pour le 3 avril 2000.

A propos du célèbre article du National Post : Guy Bertrand, l'avocat de Léon Mugesera, a annoncé qu'il demanderait à faire enregistrer comme pièce à décharge, l'article du 1er mars 2000 du National Post lors des audiences finales devant la Cour Fédérale le 15 mai 2000. Il pourrait aussi essayer de produire devant la Cour, des copies du rapport informel des Nations Unies sur lequel s'appuie l'article en question ( article publié par le journal canadien "The National Post", s'appuyant sur un rapport interne des Nations Unies d'août 1997, selon lequel un commando du Front Patriotique Rwandais serait responsable de l'attentat contre le président Habyarimana, le 6 avril 1994, attentat qui aurait servi d'étincelle au déclenchement du génocide, dont le Général-Major Paul Kagame serait ainsi le premier responsable). A noter qu'à Arusha, les avocats de la défense(souvent canadiens) revendiquent aussi la production de ce rapport devant le TPIR...Pure coïncidence, cette "canadienne attitude" ?...

 Reportage sur le cas Léon Mugesera par Luci Tremblay,

Radio Canada 1998 (document VLC)

 Le discours intégral de Kabaya en kinyarwanda et en français

12 avril 2001: assistons-nous à la mort d'une certaine forme d'espoir ? Mugesera ne sera pas expulsé du Canada, ainsi en a décidé la justice de ce pays par la décision du Juge Nadon. Pour essayer de comprendre ce faux revirement, quelques extraits d'un article du Soleil, journal canadien qui sans pudeur, a fait le choix de montrer le bonheur d'une "famille sans histoire"...

 LE SOLEIL / 13/04/2001. Extraits de l'article de Monique Giguère.

QUÉBEC-Éclatante victoire pour Me Guy Bertrand et immense soulagement pour la famille Mugesera. Gemma Uwamariya et ses cinq enfants, Irénée Rutema, Yves Rusi, Carmen Nono, Mireille Urumuri et Hoho Marie-Grâce sont libres et pourront rester au Canada. Léon Mugesera est quasi libre.
Seules deux allégations sur cinq sont retenues contre lui et ces deux allégations ne justifieraient pas son renvoi du Canada.
Le juge Marc Nadon a en effet accueilli en grande partie le contrôle judiciaire en donnant raison à Me Bertrand sur trois points fondamentaux:

Le magistrat a déclaré que Léon Mugesera n'avait pas menti aux autorités de l'immigration lors de sa demande de résidence permanente au Canada. Que ses liens avec le président Habyarimana n'avaient pas été démontrés. Que son appartenance à l'Akazu, aux escadrons de la mort et sa participation à des massacres n'avaient pas été prouvées. Et, pivot central de toute l'affaire, que son discours du 22 novembre 1992, à Kabaya, ne constituait pas un crime contre l'humanité.

En revanche le ministère de l'Immigration n'a réussi sa preuve que sur deux points :

l'admissibilité des témoins (Alison DesForges et de Éric Gillet), jugés partiaux par le clan Mugesera et l'analyse du discours par Me Pierre Duquette qui concluait à l'incitation à la haine et au génocide.

Même à cet égard, le juge Nadon n'a donné raison qu'à contrecoeur à la Couronne:
"Me Pierre Duquette a fait une analyse minutieuse du discours, mais il ne m'a pas convaincu que certains passages étaient une incitation à la haine et au génocide. Je suis loin d'être certain que j'aurais conclu la même chose, mais je suis incapable de conclure à l'analyse déraisonnable"

Malgré les deux éléments de preuve retournés devant l'arbitre, Me Bertrand ne peut s'empêcher d'espérer que l'affaire soit aussi terminée pour le premier intéressé, Léon Mugesera:
"Il se peut que le ministère de l'Immigration décide d'arrêter les frais. De mettre un terme à tout cela. On a assez fait souffrir ces gens-là", a lancé l'avocat du chemin Saint-Louis qui doit décider, d'ici les prochains jours, s'il s'adressera au juge Nadon pour faire "certifier" une question grave de portée générale, comme l'admissibilité d'un enquêteur à donner son opinion sur les conclusions de son propre rapport. Ce qui était le cas dans l'affaire Mugesera de la Dr Alison DesForges et de Me Éric Gillet...
"Si une question est certifiée, ça va en Cour d'appel fédérale et ça ouvre la porte au débat sur toutes les autres questions. Ça permet d'aller jusqu'en Cour suprême", précise-t-il.
Quoi qu'il en soit, Me Bertrand ne considère pas les deux éléments de preuve restants - l'incitation à la haine et l'incitation au meurtre - comme des motifs de renvoi du Canada:
"Il n'est plus question d'expulsion à moins d'un revirement de la part de la Couronne", prétend l'avocat en citant le juge Nadon qui se dissocie en quelque sorte de Me Duquette sur l'interprétation à donner au fameux discours du 22 novembre 1992, au coeur de toute l'affaire.

Suivant Me Bertrand comme son ombre, un Léon Mugesera radieux ne tarissait pas d'éloges sur son procureur:
"Je n'ai pas de mots pour remercier Me Bertrand. Là, je pense que c'est terminé. Je suis soulagé. Je suis heureux. Pour une fois qu'on gagne."

Malgré le revers d'hier, la procureure du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, Me Louise-Marie Courtemanche, a réussi à trouver matière à réjouissances:
"Je ne suis pas déçue. Il y a des points forts pour nous dans la décision du juge Nadon", a-t-elle assuré en énumérant l'admissibilité des témoins, le sens du discours et la norme de contrôle:
"Reste des questions de droit. C'est possible que ça se poursuive en appel."

L'affaire Mugesera serait la première cause de crime contre l'humanité au Canada. Léon Mugesera est âgé de 49 ans et sa femme Gemma, de 44 ans.

8 septembre 2003 : Il y a bien eu appel, et cette fois encore, Léon Mugesera passera entre les gouttes : "La Cour Fédérale lui lave les mains de toutes les accusations en disant qu'aucun tribunal correctement instruit ne pourrait conclure que le discours en litige aurait constitué, au Canada, une incitation au meurtre, à la haine et au génocide." ( extrait d'une pétition citoyenne envoyée au Ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration Denis Coderre, afin qu'il n'en reste pas là et qu'il porte cette affaire devant la Cour Suprême du Canada ). A suivre, espérons-le...
Feu vert à l'expulsion de Mugesera

28 juin 2005 : retournement de situation inattendu, la Cour Suprême du Canada maintient l'ordre d'expulsion de Léon Mugesera, en raison de son rôle dans le déclenchement du génocide. La Cour suprême conclut que le discours prononcé par Mugesera au Rwanda en 1992 incitait indiscutablement ses concitoyens hutus à massacrer leurs voisins tutsis.
« Un homme aussi instruit, parvenu à un niveau élevé dans l'échelle sociale et influent sur la scène politique locale devrait nécessairement savoir qu'un discours vilipendant le groupe cible et encourageant le recours à la violence contre lui soutiendrait l'attaque », peut-on lire dans la décision.
La Cour conclut que Mugesera a commis un crime contre l'humanité en prononçant son discours.
Ottawa tentait de déporter Mugesera depuis 1995. L'ordonnance ne touche cependant pas la femme et les cinq enfants de M. Mugesera.
Dans un jugement séparé, la Cour suprême blâme l'avocat de Mugesera, Guy Bertrand, qui avait réclamé l'arrêt des procédures sous prétexte que le gouvernement fédéral aurait tenté d'obtenir à tout prix l'expulsion du ressortissant rwandais, à la suite de pressions d'organismes juifs.
« Avec regrets, nous devons noter que la requête et la documentation produite comportent des éléments d'un discours antisémite que l'on aurait cru disparu de la société canadienne et encore plus des débats judiciaires au Canada », écrivent les juges.
Réagissant au jugement, Me Bertrand s'est défendu d'avoir jamais tenu des propos antisémites. Il annoncera demain ce qu'il compte faire pour son client à la suite de la décision de la Cour suprême. (source Radio-Canada, merci M.Dumont)

8 juillet 2005 : Le ministre fédéral de la Justice, Irwin Cotler, a affirmé, vendredi, que Léon Mugesera ne sera pas extradé vers le Rwanda si Ottawa ne reçoit pas l'assurance formelle des autorités de ce pays qu'il ne sera pas exécuté.
La Cour suprême du Canada a conclu, le mois dernier, qu'il devrait être extradé vers son pays d'origine, où il est accusé d'avoir pris part au génocide, afin d'y subir son procès. Dans son jugement, le plus haut tribunal du pays a estimé qu'il y avait des « motifs raisonnables » de conclure que Léon Mugesera avait incité au meurtre, au génocide et à la haine lors d'un discours prononcé dans une assemblée à Kabaya, en novembre 1992.
De son côté, le gouvernement rwandais affirme n'avoir reçu aucune requête du Canada, mais se dit prêt à coopérer.
L'avocat de Léon Mugesera, Me Guy Bertrand, rétorque que l'on ne peut faire confiance aux autorités rwandaises. Il ajoute que le ministre Cotler ne fait qu'appliquer la loi canadienne. « Ce n'est pas une faveur qu'il ferait à M. Mugesera [...] La loi du pays, depuis une décision de la Cour suprême, défend au gouvernement de déporter dans un pays quelqu'un qui est passible de peine de mort, à moins que le pays en question donne une garantie qu'il ne sera pas assassiné. »
Le ministre Cotler a par ailleurs indiqué que Léon Mugesera, qui vit au Canada depuis 12 ans, pouvait encore faire appel auprès du ministre de l'Immigration et invoquer des raisons humanitaires pour demeurer au pays.( source Radio-Canada)

25 janvier 2012 : tout vient à point ou presque à qui sait attendre... Des mots viennent au coeur de ceux qui ont attendu
Leon le retour
"Ce matin, c'est avec une immense émotion que j'ai regardé les images de Léon Mugesera menotté sur le tarmac de l'aéroport de Kigali. J'ai pleuré en repensant à Joseph Mudatsikira qui avec son ami André Kameya, fondateur du journal « Rwanda Rushya », furent sans doute les premiers au Rwanda à retranscrire le discours de Kabaya en 1992. Pour que le monde sache. Joseph, mon ami, me le fit lire avant sa publication dans leur journal. Joseph et André, des journalistes de talent, seront  sauvagement assassinés pendant le génocide des Tutsi. J’ai une pensée pour eux aujourd’hui et, je salue leur courage.

Aujourd'hui, Léon Mugesera va se retrouver face à la jeunesse rwandaise, qui n'a entendu parlé du « discours de Léon Mugesera » que dans les livres d'histoire ou dans les témoignages de ceux qui l’ont entendu à l’époque. Et c'est sans doute cela le plus important. Que, à la suite d'un procès juste et équitable, un procès public devant le peuple rwandais, en kinyarwanda, les anciens qui l’ont subi retrouvent l’apaisement, et que la jeunesse rwandaise comprenne pourquoi l'ethnisme n'a plus droit de cité au Rwanda."

Kagatama (IBUKA)

23 MARS 2000 : PASTEUR BIZIMUNGU DEMISSIONNE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE.

Sa démission semble liée à des évènements récents qui ont profondément ébranlé le paysage politique rwandais : la disparition de Joseph Sebarenzi, ex-président de l'Assemblée Nationale, la démission du Premier Ministre Célestin Rwigema, ainsi que l'assassinat du conseiller du Président de la République, Assiel Kabera et d'un employé du Programme Alimentaire Mondial.

Les articles qui suivent nous aideront peut-être à comprendre comment Paul Kagame peut représenter à la fois le diable pour certains, prêt à sacrifier plus d'un million de personnes pour s'emparer d'un pouvoir sans partage (thèse de l'attentat contre l'avion du Président Juvenal Habyarimana organisé par le FPR), et pour d'autres, le salut du peuple rwandais, personnalisant à lui tout seul, la rigueur nécessaire au pays et l'exemplarité de son intégrité (plébiscite de sept leaders rwandais d'horizons divers pour la candidature de Paul Kagame à la Présidence de la République, 30 mars 2000).

LA PART D'OMBRE DU REGIME DE KIGALI
Colette BRAECKMAN . LE SOIR (Bruxelles) / 11 mars 2000.
 
L'information publiée par le journal canadien "The National Post" selon laquelle un commando d'élite du Front patriotique rwandais, aujourd'hui au pouvoir à Kigali, serait responsable de l'attentat contre le président Habyarimana, le 6 avril 1994, suscite plus de remous qu'il n'y paraît.
En effet, d'autres indices révèlent un réel malaise à Kigali: la disparition de Joseph Sebarenzi, ex-président de l'Assemblée nationale (dont on ignore toujours où il a
cherché refuge, et s'il est toujours en vie!) , a été suivie de la démission du Premier ministre Célestin Rwigema - remplacé ce mercredi par Bernard Makusa - et, cette semaine encore, de l'assassinat, par des hommes en armes, du conseiller du président Bizimungu, Assiel Kabera, et d'un employé du Programme alimentaire mondial.
Kabera était, comme Sebarenzi, un rescapé du génocide et un militant de l'association Ibuka, qui défend les intérêts des victimes. La thèse d'un règlement de comptes a été présentée mais il s'agirait plutôt d'un assassinat politique (l'association Ibuka a eu de nombreux démêlés avec le régime) ou d'un regain de l'activisme hutu, dopé par les revers que l'armée populaire rwandaise subit au Congo.
 
SOUS LE BOISSEAU
 
Ce malaise perceptible au Rwanda a entraîné des questions à propos de l'opportunité, voire de la sécurité, de la visite que le Premier ministre belge Guy Verhofstadt doit faire à Kigali le 7 avril, mais jusqu'ici, cette démarche de commémoration, considérée comme une étape indispensable à une réelle normalisation des relations, n'est pas compromise. Le document dont l'existence a été révélée par le "National Post" reprend les accusations formulées par un transfuge du FPR, qui désigne l'actuel vice-président du Rwanda, le général Kagame, comme le commanditaire réel de l'attentat contre Habyarimana, avec le soutien d'une puissance étrangère.
On ignore toujours pourquoi Louise Arbour, la magistrate canadienne qui fut procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda, décida de mettre cette déposition sous le boisseau: par prudence politique ou parce qu'elle dépassait son mandat? Ces accusations ne sont pas neuves: on sait que les milieux hutus ont immédiatement désigné le FPR comme le responsable de l'attentat, et que les Casques bleus belges, qualifiés de complices, ont ainsi perdu dix de leurs hommes.
Cependant, au fil du temps, d'autres témoignages sont venus contredire la thèse initiale, jusqu'à présent considérée comme la plus plausible, celle de la liquidation de Habyarimana par les extrémistes hutus. C'est ainsi que depuis le Bénin où il est réfugié, un ancien militaire du FPR, Christophe Hakizabera, s'était adressé, le 9 août 1999, à la Commission chargée d'enquêter sur la responsabilité de l'ONU dans le drame rwandais.
 
 
DEMENTIS DU FPR
 
Selon lui, le FPR envisageait de prendre le pouvoir par la force et considérait le président Habyarimana comme un obstacle majeur à ce projet. Par conséquent, dit-il, la première réunion de planification de l'assassinat s'est tenue à Kabale dans les locaux de l'évêché. Plus tard, les réunions de ce genre se tiendront à Mbarara dans la
résidence du général major Salim Saleh, demi-frère du président ougandais Museveni. On sait pertinemment bien que la décision de tuer le président Habyarimana a été prise à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso en mars 1994 et que le major Paul Kagame a participé à cette réunion.
Selon le transfuge, les Tutsis de l'intérieur du Rwanda, ayant été avertis de ce plan, mirent Kagame en garde, sachant qu'ils seraient les victimes de terribles représailles. Mais Hakizabera accuse le FPR d'avoir passé outre, tablant sur une victoire militaire éclair, sur la prise de Kigali endéans les trois jours et la limitation des pertes en vies humaines à 500 victimes, chiffre que le FPR jugeait acceptable compte tenu du résultat escompté, la prise de
pouvoir totale à Kigali. Relevons que le FPR a toujours nié une telle version des faits, arguant que c'est parce qu'il était parfaitement au courant des projets de génocide qu'il avait renoncé à remporter la victoire par les armes et s'était rallié aux accords d'Arusha, qui prévoyaient le partage du pouvoir.
Soulignons aussi que, sur le plan militaire, ces accords lui étaient clairement favorables, puisqu'ils prévoyaient la parité au niveau des cadres de la future armée nationale, alors que les officiers supérieurs des Forces armées rwandaises étaient soit déjà à la retraite comme le colonel Bagosora, soit proches de la limite d'âge. La perspective de devoir s'incliner devant la suprématie militaire du FPR était inacceptable aux yeux de l'état-major d'Habyarimana, qui, récusant vivement les accords d'Arusha, avait préparé le génocide.
Il n'empêche que, depuis six ans, d'autres indices troublants ont été relevés. Ainsi, le FPR, après sa victoire de juillet 1994, n'a demandé ou organisé aucune enquête sur
l'attentat, estimant que cette question était désormais sans intérêt. De son côté, la Mission d'information parlementaire française sur le Rwanda a révélé que l'Ouganda, et donc le FPR son allié, disposait de missiles sol-air.
Mais d'autres sources, notamment des informateurs du professeur Filip Reyntjens, ont révélé que les numéros de série des lanceurs des missiles, découverts sur le site de Masaka, près de l'aéroport de Kigali, indiquaient que les engins provenaient de stocks d'armes saisis en Irak par l'armée française pendant la guerre du Golfe. -Cette
implication française, également confirmée par des informations du "Soir", n'empêche pas le professeur anversois d'être intimement convaincu de la responsabilité du FPR.
 
 
LE REVELATEUR CONGOLAIS
 
Il faut aussi reconnaître que le déroulement des deux guerres en République démocratique du Congo a jeté une lumière nouvelle sur les pratiques de l'armée rwandaise et plus précisément sur les méthodes de certains groupes d'élite dont l'existence est confirmée par l'article du "National Post". C'est ainsi que les travailleurs humanitaires et les organisations de défense des droits de l'homme ont amplement décrit, en leur temps, les massacres dont ont été victimes les réfugiés hutus dispersés à l'intérieur du Congo et qui étaient poursuivis par de véritables escadrons de la mort.
En outre, lorsqu'en août 1998 a éclaté la deuxième guerre du Congo, les Tutsis qui vivaient à Kinshasa ont été désignés à la vindicte populaire par un Kabila qui, ayant
échappé à plusieurs tentatives d'assassinat par ses anciens alliés dirigés par James Kabarehe, avait décidé de prier les troupes rwandaises de quitter le pays. A ce moment, des centaines de Tutsis furent traqués, emprisonnés ou tués à Kinshasa et Lubumbashi, ainsi que 300 jeunes soldats tutsis congolais, abandonnés dans la capitale par leurs leaders et décimés par les soldats katangais.
Peu de temps après, des Tutsis Banyamulenge du Kivu, désapprouvant le déclenchement de la deuxième guerre, s'adressaient en des termes dramatiques au président ougandais Museveni et au vice-président rwandais Kagame, leur demandant si au moment où ils avaient songé à assassiner le président Kabila, le sort tragique des Tutsis rwandais, massacrés après la mort de Habyarimana, ne leur avait pas servi de leçon?
Bref, les milieux extrémistes hutus ne sont pas les seuls à accuser le FPR d'avoir descendu
l'avion d'Habyarimana...

La réponse du gouvernement rwandais au National Post ne s'est pas fait attendre. Un peu langue de bois, en anglais de surcroit (il m'a fallu traduire), destinée apparemment au continent nord-américain et répondant dans la langue du journal accusateur.

 10 mars 2000, 8h47 du matin.

Sujet: REPONSE DU GOUVERNEMENT RWANDAIS AU NATIONAL POST Par Alexandre Kimenyi. 6 mars 2000, Rapport de presse.

Le 1er mars 2000, le "National Post", quotidien canadien, a publié à la une "Fuite explosive à propos du génocide rwandais".

LA SOURCE

L'auteur de l'article, un certain Steven Edwards prétend que son journal est en possession d'un rapport des Nations Unies qui impliquerait le gouvernement rwandais actuel dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana en avril 1994.
Ce qui a surpris la plupart des observateurs, c'est qu'une publication nord-américaine d'importance ne pouvait consacrer sa une à une seule histoire banale concernant un état mineur qui jamais auparavant, n'eût les honneurs de leur considération rédactionnelle. Et pourtant..., ce véritable quotidien a publié deux articles en à peine deux semaines, qui tentent de brosser le tableau d'une responsabilité certaine du gouvernement rwandais actuel et de la plupart de ses dirigeants dans le génocide de 1994.
Voilà qui est peu usuel et laisse à penser qu'une campagne serait bien ici orchestrée pour brouiller les pistes, ceci dans le dessein non seulement de justifier le génocide de 1994, mais aussi de réduire le peuple rwandais au silence par intimidation à la suite du rapport Carlson qui révèle clairement le rôle des Nations Unies dans l'accomplissement du génocide rwandais.
Cette campagne a aussi pour but de dénigrer les efforts du TPIR d'Arusha et de Carla Del Ponte dans leur traque des véritables responsables du génocide.
Ce qui est inquiétant, c'est que les meilleurs médias de l'ouest, possédant les meilleurs réseaux de capture de sources au sein des Nations Unies, n'ont pas été capables d'avoir accès au dit-rapport des Nations Unies. Aucun d'entre eux n'a clamé être en possession d'une copie de ce rapport, et tous les médias s'en sont remis sans malice au National Post comme source, comme "La Source" indiscutable. Encore une fois, il est pour le moins usuel de la part des médias nord-américains connus pour la rigueur de leurs investigations, de s'en remettre sans contrôle ou recoupements, à un quotidien de Toronto à peine âgé de deux ans.
Il est d'autre part à noter, que dans une conversation subséquente entre l'Ambassadeur du Rwanda auprès des Nations Unies, S.E. Joseph Mutaboba et le porte-parole du Secrétaire Général des Nations Unies, S.E. Fred Eckhard, ce dernier nia catégoriquement l'existence d'un tel rapport, allant jusqu'à affirmer n'avoir pas même le droit d'en faire quelque commentaire.

LE RAPPORT EN QUESTION

Etant donné la campagne de dénigrement que le National Post a lancé contre le gouvernement du Rwanda ces derniers jours, ses lecteurs étaient en droit d'avoir la primeur d'un rapport publié dans sa totalité : c'eût été la moindre des choses, surtout que Mr Steven Edwards prétend que le dit rapport "suggère qu'un moment critique du génocide rwandais n'a pas été compris".
Le National Post devrait faire au monde une faveur, spécialement à l'adresse de ses nouveaux alliés de circonstance parmi les génocidaires rwandais dont le pays d'adoption est le Canada, la faveur de publier le rapport dans son entièreté. Cela est un réel défi. Mr Edwards déclare que le rapport est basé sur le témoignage de "trois informateurs Tutsi" recueilli par les enquêteurs de l'ONU en 1997. Ce qui est clair, c'est que ceux qui ont élaboré ce scenario se figuraient qu'il suffît de déclarer l'existence aléatoire "d'informateurs Tutsi" pour rendre l'histoire crédible.
Il est important de relever que cette sorte de campagne de dénigrement contre le gouvernement du Rwanda et ses dirigeants n'a rien de nouveau. Depuis 1994, les hommes qui ont perpétré le génocide rwandais ainsi que leurs sympathisants dans la communauté internationale, ont soutenu des allégations similaires. Il y en a vraiment eu des occasions, que ces criminels n'ont pas manquées lorsque certains médias internationaux leur donnaient la parole. Pour le coup, les génocidaires rwandais ont trouvé leur pièce maîtresse avec le National Post et au travers de Mr Steven Edwards, journaliste dont les liens avec "Le Congrès Rwandais du Canada", point de repli Interahamwe basé au Québec et qui considère le génocide rwandais comme une affaire non achevée, ces liens donc, ne sont un secret pour personne.
Steven Edwards continue en déclarant que l'investigation en question était en phase avec les instructions du Secrétaire Général de l'ONU, Boutros-Boutros Ghali, "de collecter toutes informations validables par tous les moyens mis à disposition, et d'en faire dès que possible, rapport au Conseil de Sécurité". Il faudrait ici comprendre clairement que "toutes les informations validables" furent collectées par les troupes françaises qui, immédiatement après les tirs contre l'avion présidentiel, ont condamné l'aéroport et vinrent plus tard prétendre publiquement être en possession d'informations vitales relatives à l'attentat contre l'avion d'Habyarimana, se targuant même d'être en possession de la boîte noire de l'avion. Aucune de ces révélations n'a jamais été corroborée par une preuve substantielle. Même le constructeur de l'avion a affirmé que cet avion n'était pas équipé de boîte noire.
Quoi qu'il en soit, les Français ont pris le contrôle de l'aéroport de Kanombe, ont conduit leurs investigations, et jusqu'à aujourd'hui encore, sont les seuls à pouvoir dire au monde ce qui s'est exactement passé, si bien sûr ils s'autorisent à le faire un jour !
Le National Post colporte honteusement l'argumentaire français : les missiles lancés contre l'avion ont été confisqués par les forces américaines durant la Guerre du Golfe.
Dans une tentative voilée d'impliquer les Américains, Mr Edwards déclare que les Etats Unis, à la différence de la Belgique et de la France, n'ont pas mené la moindre "enquête pour comprendre les massacres". Le National Post et Mr Edwards en particulier devraient se faire rafraîchir la mémoire: les USA n'avaient pas de troupes au Rwanda, ni avant, ni pendant le génocide. La France et la Belgique en avaient, et c'est pourquoi elles ont dû enquêter, bien que, dans le cas de la France surtout, ces investigations tournèrent finalement à l'auto-blanchissement et à l'inventaire non exhaustif des bonnes consciences.
Le National Post devrait demander pourquoi le Canada n'a-t-il pas diligenté d'enquête à propos du génocide étant donné que les troupes canadiennes étaient stationnées au Rwanda avant et pendant le génocide. De plus, le Général en chef des forces armées de l'ONU était Roméo Dallaire, un canadien.
Quant au Canada, il est aujourd'hui devenu un refuge pour les planificateurs du génocide et ceux qui l'ont perpétré, y compris ceux-là même avec qui Mr Edwards et le National Post ont pris fait et cause. Assurément, Mr Edwards, cela mérite quelque investigation de la part du Canada !
Il est vraiment étonnant que le National Post, un journal canadien, n'ait fait aucun effort pour enquêter et dénoncer la présence de génocidaires au Canada, et qu'au lieu de cela, se soit engagé dans un généreux révisionnisme afin de protéger les criminels qui ont commis un génocide contre le peuple rwandais.
En journaliste de l'ouest tipiquement intoxiqué par l'idéologie du génocide dans la région des Grands Lacs, Mr Steven Edwards dit à ses lecteurs qu'actuellement, "seuls des Hutu ont été inculpés". Ici, l'auteur cherche à insinuer qu'ils ont été inculpés pour leur appartenance ethnique. Les criminels rwandais détenus à Arusha y sont non pas pour leur appartenance ethnique, mais pour avoir commis des crimes contre l'Humanité.

OBJECTIFS

L'article du National Post est une pièce classique du travail révisionniste, destiné à justifier le génocide de 1994 au Rwanda. Par exemple, si les "informateurs" ont été entendus en 1997, pourquoi aura-t-il fallu trois ans au National Post pour se procurer le dit rapport et faire des révélations à son sujet ?
Dans son éclatante tentative de justification du génocide du peuple rwandais, l'article se plaint "qu'un moment critique dans le génocide rwandais n'a pas été compris". Là, le National Post cherche à représenter les tueries de masses comme une réaction spontanée des populations à l'annonce de la mort de Habyarimana et non comme un génocide planifié.
L'histoire est calculée pour intimider le Gouvernement du Rwanda, dans le sillage du rapport Carlson qui révèle clairement l'implication et le rôle des Nations Unies dans le génocide rwandais. Le rapport n'implique pas seulement certains membres puissants du Conseil de Sécurité, mais il est aussi un appel aux Nations Unies, un appel pour que chacun travaille à la reconstruction du Rwanda.
Le dessein de l'article du National Post est de frustrer les procédures contre les suspects de génocide, non seulement au Rwanda, mais encore au Tribunal International pour le Rwanda, à Arusha, alors que ceux, au sein de la communauté internationale, qui ont été impliqués dans le génocide rwandais se sentent menacés par les efforts apparents de Carla Del Ponte, Procureur du Tribunal International, dans ses efforts pour arrêter et poursuivre les génocidaires.
Le schéma est désormais devenu familier, chaque fois qu'un rapport met en cause les Nations Unies à propos du génocide rwandais, chaque fois que des signes possibles de succès se font jour dans la poursuite et l'arrestation des criminels du génocide rwandais, alors les révisionnistes et les apologistes embrayent la vitesse supérieure, tel Steven Edwards et le scénario fabriqué du National Post, motivés par leur désir de nier le génocide du peuple rwandais.
Qui serait surpris si Edwards cherchait un emploi aux Nations Unies, et s'en voyait offrir un tôt ou tard ?
Mr Steven Edwards et ses cohortes du Congrès Rwandais du Canada devraient être vus pour ce qu'ils sont, des révisionnistes des temps modernes, qui devraient être dénoncés sans équivoque.
 
Joseph Bideri , Directeur de l'ORINFOR (Office Rwandais d'Information)
(Traduction de l'anglais personnelle)

La réponse du gouvernement du Rwanda n'est pas très convaincante. Peut-être n'a-t-elle pas lieu de l'être, mais ce n'est pas ce communiqué qui va éclairer notre lanterne, pêchant par manque manifeste de communication simple, par allégations dénuées de preuves à l'instar du National Post, par exemple lorsque Joseph Bideri nous apprend l'existence du "Congrès Rwandais du Canada". Mais des journalistes vont s'empresser un de ces jours de nous apprendre ce qu'est ce fameux Congrès, ne nous impatientons pas.

En attendant, remercions Colette Braeckman d'émettre ses propres réserves à propos du FPR, elle que les négationistes traîtent de suppôt de la cause Tutsi, ou d'autres noms d'oiseau du même tonneau...

KAGAME SOUS LE FEU DES CRITIQUES
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Le document qui met en cause le FPR dans l'attentat contre Habyarimana n'était pas une calomnie: le rapport a été retrouvé.Lorsqu'un journal canadien, "The National Post", publia l'information selon laquelle un rapport de l'ONU mettait en cause les rebelles du Front patriotique rwandais - aujourd'hui au pouvoir - dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, en avril 1994, Kigali réagit d'abord en dénonçant une campagne de calomnies , assurant même que le journal aurait été lié aux milieux révisionnistes. Au fil des jours cependant, les informations se précisent, moins sur les accusations contenues dans le rapport que sur la réalité du document onusien: une source au sein de l'organisation a confirmé qu'un rapport non officiel avait été découvert dans les archives de l'ONU. Ce document a été rédigé par Michaël Hourigan, ancien enquêteur pour le Tribunal international pénal d'Arusha (TPR). Et, cette semaine, à la demande du secrétaire général de l'ONU, le document a été transmis au TPR. Rappelons que, selon les trois informateurs cités par le rapport, l'attentat aurait été mis en oeuvre par un commando secret répondant aux ordres de l'actuel vice-président, Paul Kagame. Selon les enquêteurs du TPR qui se sont confiés au "National Post", leur rapport, qui date de 1997, avait été mis sous le boisseau. Les informateurs mentionnaient aussi que l'appareil avait été abattu avec l'assistance d'un gouvernement étranger , ce qui viserait les Etats-Unis. Rappelons aussi que ce témoignage (qui n'a toujours pas été authentifié) contredit les versions initiales données à propos de l'attentat et mettant en cause les milieux extrémistes hutus. L'enquête risque de rebondir dans les semaines à venir. En effet, le rapport de l'ONU est à présent demandé par des enquêteurs et des diplomates français, et le juge Bruguière qui a officiellement été chargé de tenter de faire la lumière sur cet attentat, où l'équipage français du Falcon d'Habyarimana trouva également la mort. En outre, des avocats chargés de défendre la cause de plusieurs Rwandais inculpés de génocide souhaitent également prendre connaissance du document.
 
(Note de la rédaction du site : le 20 juin 2000, le TPIR refusera de transmettre à la justice française le rapport accusant Kagamé. En avril 2000, l'ONU avait déjà refusé cette demande au Juge Bruguière malgré l'intervention de Paul Quilès, Président de la commission de défense de l'Assemblée Nationale, auprès de Koffi Annan.)
 
CRISE POLITIQUE
S'ajoutant à un autre rapport onusien, qui accuse le Rwanda d'avoir accordé au rebelle angolais Jonas Savimbi des facilités de transit, les révélations à propos de l'attentat surviennent au moment où le Rwanda connaît sa plus grave crise politique depuis 1994. La présidence de la république avait alors été attribuée à un Hutu, membre de l'équipe dirigeante du FPR, Pasteur Bizimungu, qui vient d'être contraint à la démission. A l'heure actuelle, c'est le vice-président Paul Kagame, le véritable homme fort du Rwanda, qui assure un interim de quatre semaines.
D'ici le 1er avril prochain, le FPR proposera deux candidats à la présidence et le choix sera opéré au cours d'une session conjointe du Parlement et du Conseil des ministres. En réalité, la démission du président Bizimungu ne change pas grand chose à la réalité du pouvoir à Kigali, dominé par le Front patriotique. Ces démissions altèrent cependant l'image d'unité nationale que voulait donner le pouvoir qui s'installa après la défaite du régime Habyarimana. Il faut cependant relever que la crise actuelle transcende les catégories ethniques. Tant le président Bizimungu que le Premier ministre Rwigema ont été obligés de démissionner car ils étaient liés avec un Tutsi appartenant au &laqno;premier cercle» du FPR, Patrick Mazimhaka, accusé de mauvaise gestion alors qu'il dirigeait le ministère de la Réinsertion sociale.
 
LA GUERRE REPREND AU CONGO
La guerre au Congo représente un autre élément de division: il apparaît que le président Bizimungu, comme le ministre Mazimhaka, étaient prêts à négocier une solution politique avec leurs voisins du Kivu alors que l'on constate en ce moment un engagement militaire accru: l'armée rwandaise masse des hommes et du matériel au Kivu tandis que l'offensive a repris dans le Kasaï occidental. Selon des sources militaires à Kinshasa, les troupes rwandaises tentent de bombarder des trains qui circulent sur la voie ferrée reliant la ville d'Ilebo aux principales bases gouvernementales. Il est évident que cette reprise des combats anéantit les chances de règlement pacifique tel que le prévoient les accords de Lusaka, qu'elle empêche le déploiement des 5.500 hommes de l'ONU qui n'entreront en action au Congo que lorsque leur sécurité sera assurée, et qu'elle renforce, sur tous les fronts, les mesures de méfiance à l'égard des Nations unies, dont on se demande si elles seront jamais en mesure de remplir leur mission. Colette Braeckman. (avec AFP.)

Les silences sont privilèges de "grandes muettes", tout comme les mensonges pieux sont manies de prélats. La stratégie demande du secret et Kagame n'en manque pas (diplômé de Fort Lavenworth, Texas). Mais voilà que celui dont la tante Rosalie Gihanga (seconde épouse de Mutara Rudahigwa, dernier mwami du Rwanda avant Kigeri V, en exil depuis 1960), celui donc dont la tante de sang royal fut jetée en pâture en 1974 à la foule de Butare, traînée dans les rues après avoir été torturée par les miliciens, voilà que Paul Kagame doit faire face au retour des royalistes partisans de Kigeri V, qui conspireraient actuellement contre lui...

 

LE MYTHE MONARCHIQUE FAIT SON CHEMIN
Colette BRAECKMAN . LE SOIR (Bruxelles) / 11 mars 2000.
 
Le rapport évoquant la piste FPR dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana remonte à deux ans, et, en l'absence d'une réelle commission d'enquête, toutes les pistes demeurent ouvertes. Mais sa révélation, en ce moment précis, peut être une manoeuvre destinée à aggraver le malaise perceptible à Kigali, non seulement au sein des milieux hutus mais surtout parmi les Tutsis rescapés du génocide.
Il est certain en effet que, malgré l'habituelle discrétion des milieux dirigeants, le pouvoir actuel est divisé. Divisé suivant des critères linguistiques, francophones d'un côté, anglophones, souvent d'origine ougandaise, de l'autre. Divisé aussi par des enquêtes - encouragées par le vice-président Paul Kagame - à propos de cas de corruption au plus haut niveau. Ces investigations financières ont précipité la démission du Premier ministre Pierre Rwigema, sur la sellette depuis longtemps, et elles atteignent aussi le très puissant Patrick Mazimhaka, conseiller à la présidence et ancien ministre de la Réhabilitation sociale, ainsi que d'autres "pontes" du FPR.
La guerre du Congo représente un autre facteur de division: on sait que, du côté ougandais, le président Museveni souhaiterait se retirer du bourbier congolais et que ses relations avec Kigali se sont fort détériorées, tandis que l'échec des rebelles de Goma, honnis par la population, est patent. En outre, l'armée rwandaise a subi plusieurs revers au Congo et enregistré des pertes sérieuses (à Shabunda entre autres), ce qui a entraîné des désertions ou des refus de s'enrôler. Les réticences sont surtout vives parmi les jeunes Tutsis rescapés du génocide, souvent chefs de famille, qui ne souhaitent pas risquer leur vie dans les forêts congolaises.
Vient ensuite l'équation la plus troublante de toutes, celle de la monarchie: les rescapés du génocide, regroupés au sein de l'association Ibuka, ainsi que Joseph Sebarenzi, l'ex-président de l'Assemblée nationale disparu sans laiser de traces, sont accusés de préparer le retour des armées du roi. Autrement dit de militer pour le retour de Kigeri V, le souverain détrôné lors de la révolution hutue et qui vit en exil aux Etats-Unis.
Curieusement, l'éventualité d'une restauration de la monarchie (vraisemblablement sous une forme constitutionnelle) se heurte moins à l'opposition des Hutus qu'à l'hostilité du noyau dirigeant du FPR: Paul Kagame se déclare résolument républicain et il est certain qu'un régime monarchique altérerait son propre pouvoir. On ignore l'audience réelle des monarchistes à l'intérieur du Rwanda, mais les dénonciations dont ils font l'objet de la part du régime ne peuvent que renforcer leur audience. D'autant plus que, dans la tradition rwandaise, le roi se situait au-dessus des ethnies, qu'il est un symbole de réconciliation, le seul aussi à pouvoir arrêter le cycle de la
vengeance...

A suivre, qui sait...

Cette dépêche d'agence encore, pour garder à l'esprit ce voisinage indéfinissable, en tout cas au Rwanda, entre le Diable et le Bon Dieu.

KIGALI, RWANDA (PANA) . Sept des huit formations politiques officiellement reconnues au Rwanda ont demandé que le général-Major Paul Kagame soit confirmé à la Présidence de la République, dans une lettre adressée à son parti du FPR. Le vice-président rwandais assure actuellement l'intérim du Président Pasteur Bizimungu qui a démissionné de ses fonctions le 23 mars 2000, évoquant ses différends avec l'Assemblée Nationale.
Dans la correspondance au FPR, les responsables des sept partis politiques mettent en exergue les qualités "d'homme d'état" de Mr Kagame qui, selon eux, est "l'homme de la situation", capable de diriger le pays au cours des quatre prochaines années.
La lettre est signée de l'ex-premier ministre Pierre-Célestin Rwigema, qui a également démissionné il y a quelques jours, du président de l'Assemblée Nationale Vincent Biruta, et de plusieurs membres du gouvernement sortant, responsables de partis politiques. Le Général Kagame ne s'est pas encore prononcé sur la question. Il n'a pas non plus été vu en public depuis plusieurs jours, en dépit de la succession d'évènements politiques l'impliquant directement.
La réunion des instances dirigeantes du FPR samedi devrait apporter une réponse à la sollicitation des chefs de partis.
Le Président de République sera désigné au terme d'une session conjointe du Parlement et du Gouvernement qui aura à choisir entre le général Kagame et un autre candidat qui devrait être connu dans les prochains jours.

Finalement, le FPR a choisi son champion un premier avril ( 01/04/2000 ): Paul Kagame sera donc candidat à la Présidence de la République du Rwanda, et naturellement élu Président le 17 avril 2000.

Le Rwanda au menu du BEPC 98 à Rouen : révisionnisme ou négligence de l'Education Nationale ?

 Le choix d'un sujet d'examen n'est jamais un acte anodin. Celui sur le Rwanda proposé aux élèves de 3ème de l'Académie de Rouen en juin 1998, avait-il le but de sonder en toute neutralité les connaissances des candidats ? s'est-il agi d'une forme de révisionisme qui ne dit pas son nom ?...(AfriquEducation N° 59-60. juillet-août 99)
 
 Extrait de l'article d'AfriquEducation :
"Au terme de l'examen du rapport d'enquête sur la tragédie rwandaise (1990-1994) par la mission parlementaire qui en a eu la charge, l'un de ses membres, Jacques Desallangre, souligne que cette mission a "entamé son travail dans des conditions difficiles et dans un climat passionné peu propice au débat raisonné sur des sources d'informations variées" . Or, c'est dans ce climat dont la presse n'a rien laissé ignorer (on lui reproche même de l'avoir créé et envenimé), qu'est élaboré sous l'autorité de l'Education Nationale, apparemment à l'écart, le sujet de français qui sera donné au brevet des collèges dans l'Académie de Rouen fin juin 1998, à peu près dans le temps que la mission parlementaire terminera ses auditions.
La commission académique d'examen, composée d'enseignants chevronnés et présidée par un inspecteur pédagogique régional de lettre, retient un texte sur le Rwanda : deux pages d'un roman de Christine Arnothy, "Une question de chance", publié en mars 1995. Choix audacieux et lourd de risque dans ce climat passionné. Mais on peut penser que l'Education Nationale veut à la fois se montrer en prise avec l'actualité (son souci d'ouverture au monde) et offrir par contraste, l'exemple d'un "débat raisonné", dans sa tradition de mesure, de vigilance, d'objectivité et même de sérénité.
La présentation du texte ne doit rien à Christine Arnothy : Alors que les termes "hutu" et "tutsi" n'apparaissent jamais dans son roman, les concepteurs du sujet les introduisent d'emblée en situant l'épisode retenu "lors du conflit qui oppose les tutsi et les hutu", lequel a provoqué "des massacres" et jeté sur les routes, "la foule des réfugiés rwandais". Conflit qui semble particulièrement unique : il est question du conflit, et non d'un conflit, opposant tutsi et hutu. Or ce schéma conflit-massacres-exode de réfugiés n'a rien de spécifique ; il apparaît si souvent dans l'histoire du Rwanda depuis 1959 que le conflit ici présenté ne pourrait être qu'un de ces conflits répétés et constitutifs d'une banalité macabre. Son apparente spécificité est curieusement présentée dans un schéma banalisateur. Le texte de Christine Arnothy ne permet pourtant pas de se tromper : la mention de Goma, de la médiatisation d'un exode, de ce qui peut sembler, à travers la mort d'un enfant, les prodromes du choléra, tout désigne le conflit d'avril-juillet 1994 mais sans le moindre indice qui en révèle la spécificité en regard de ceux qui l'ont précédé, qu'il s'accompagne d'un génocide.
Que peuvent donc répondre les candidats, interrogés sur le contexte historique (question 2 de 1, les faits) ? rien d'autre que ce que leur propose le chapeau introductif : le conflit qui oppose les tutsi et les hutu. Le président Mitterrand avait d'ailleurs répondu à l'avance en novembre 1994, au sommet franco-africain de Biarritz : "Des chefs locaux décident délibérément de conduire une avanture à la pointe des baïonnettes ou de régler des comptes à coup de machette". Tout à fait dans la ligne du défunt président, le corrigé officiel, rédigé par les concepteurs du sujet à l'intention des enseignants correcteurs de l'épreuve, propose très précisément : "Toute réponse évoquant le conflit opposant les tutsi et les hutu (chapeau)". Mais quel génocide dans le chapeau ? le président Mitterrand avait ici encore, en quelque sorte déjà répondu : "Le génocide ou les génocides ? je ne sais plus ce qu'il faut dire". Car il y avait eu selon lui, génocide des des hutu non moins que des tutsi ("honte absolue" que cette approbation officielle d'un prétendu double génocide, commente Gérard Prunier à la page 402 de son livre "Rwanda : le génocide"). Si le président ne savait plus ce qu'il fallait dire, le mieux était donc de ne plus en parler. Et aucun des 22.245 candidats soumis à une obligation de réponse au brevet des collèges dans l'Académie de Rouen n'aura à en parler.
Ce n'était pourtant pas une simple question d'école. Elle s'est posée à la mission d'information parlementaire dans les termes mêmes, semble-t-il, du sujet du brevet et, pour avoir perçu les risques de toute ambiguité, ses rapporteurs se sont impliqués à répondre que Le Rwanda connait un génocide et une guerre (...), et surtout que les massacres commis contre les tutsi après le 6 avril 1994, même s'ils se déroulent concomitamment à un affrontement entre le FPR et les FAR, relèvent d'une autre nature que celle d'un conflit : ils appartiennent à une logique de génocide". Par rapport à quoi, le sujet du brevet est d'une autre nature qu'un souci de connaissance, de réflexion, d'objectivité : il appartient à une logique révisionniste.
Ce révisionnisme n'est pas seulement dans le chapeau de présentation : il est confirmé par le choix du texte même. Peu d'écrivains ont traîté de la tragédie rwandaise. Christine Arnothy n'est toutefois pas la seule et unique. Jean-Pierre Campagne a écrit un remarquable petit roman, publié chez Denoël en janvier 1997, "Les vacances de Dieu", Comment a-t-il pu échapper à l'attention d'un collectif de professeurs de lettres en quête d'un sujet sur le Rwanda ? on y trouve aussi un enfant mort. Le personnage principal, Espérance, "a aperçu un petit corps dans la latrine, il lui a semblé que c'était les épaules arrondies du dernier, Dieu est mon berger. Il lui a semblé seulement, car elle n'a pas eu la force de soulever la planche qui le cachait à moitié, enfoui dans les excréments, Dieu est mon berger, tué " . C'est d'une toute autre intensité que le texte de Christine Arnothy, et susceptible d'un questionnement sans commune mesure.
Avec Christine Arnothy, les candidats auront certes compris qu'une catastrophe s'était abattue sur le Rwanda, mais son texte permet surtout de ne leur en montrer que la phase finale et de la réduire à l'exode, à la mort par épuisement, et bientôt par le choléra. Autant d'éléments de substitution au génocide pour donner le sentiment de cette catastrophe, et qui ne concernent que les hutu, cette "foule des réfugiés rwandais" dont il est établi que s'y mêlait une foule de génocidaires en fuite vers le Zaïre. Le comble d'un révisionnisme, annoncé, dénoncé, pourtant, dès l'année du génocide.
Septembre 1994, Alain Destexhe, secrétaire général de MSF : "Parler de luttes tribales lorsqu'un groupe armé majoritaire commet un génocide contre un autre, minoritaire et désarmé, c'est commettre un grave contresens" (in Rwanda, Essai sur le génocide). Contresens reconstitué sous l'autorité de l'Education Nationale. Quant à mettre "sur le même plan une hécatombe médicale provoquée par l'afflux massif de réfugiés, lui-même conséquence du génocide, et un crime de masse prémédité, planifié et systématiquememt mis en oeuvre", dans ce cas on exagère une catastrophe et on minimise un crime.
L'Education Nationale n'a même pas eu à minimiser le crime : le texte de Christine Arnothy permet qu'il n'ait jamais existé. (AfriquEducation n°59-60. juillet-août 1999)